Bon, je l’avoue, ce n’est peut être pas le meilleur titre qu’il y’avait pour vous annoncer la fermeture des sites du groupe Mega depuis hier.
Une vaste opération menée par le FBI a en effet été menée dans le but de mettre fin aux services proposées par les sites de la galaxie Mega.
Le groupe Mega, c’est quoi ?
Petit rappel pour ceux qui auraient passé ces dernières années dans une grotte ou qui n’auraient pas la chance de bénéficier d’une connexion haut débit, perdus entre nulle-part et ailleurs, le groupe Mega, c’était surtout Megaupload et Megavideo, mais aussi :
- 18 noms de domaines (Megastuff.co, Megaclicks.co, Megaclick.us, Megaupload.org, Megavideo.com et j’en passe !)
- 175 millions de dollars de recette (pour le groupe entier)
- une perte de plus d’un demi milliard de dollars à l’industrie
- 50 millions de dollars d’actifs saisis dans 8 pays
- 50 millions de visiteurs par jour
- 4 % du trafic mondial
- 25 péta-octets de données hébergées chez Carpathia Hosting sur plus de 1000 serveurs
- 150 millions d’inscrits
- 630 serveurs hébergés chez LeaseWeb
- 30 employés répartis dans 9 pays
- 525 serveurs à Ashburn, le reste est réparti entre Washington, les Pays-Bas et le Canada
Qui est concerné ?
7 individus ont été mis en examen :
- le PDG et fondateur de Megaupload, Kim Dotcom (aussi appelé Kim Schmidtz ou Kim Tim Jim Vestor), 37 ans, résidant à Honk Kong et en Nouvelle Zélande
- le directeur marketing Finn Batato et le directeur commercial Sven Echternach, respectivement 38 et 39 ans, vivant tous les deux en Allemagne
- le graphiste Julius Bencko, 35 ans, vivant en Slovaquie
- le co-fondateur et directeur technique Mathias Ortmann, 40 ans, résidant en Allemagne et à Honk Kong
- le développeur et chef de l’équipe de développement technique Andrus Nomm, 32 ans, basé en Estonie et en Turquie
- le superviseur du développement et de l’infrastructure réseau Bram van der Kolk (alias Bramos), 29 ans, originaire du Danemark, vivant en Nouvelle-Zélande
Quels sont les motifs d’accusation ?
Il est reproché à Megaupload :
- d’avoir retiré les contenus lien par lien et non contenu par contenu, laissant ainsi accessible les fichiers via d’autres liens que ceux relevés par les ayants-droit
- d’avoir établi un business model basé sur la rémunération des uploaders de fichiers piratés
Egalement, le cumul des peines encourues vaut jusqu’à 60 ans de prison, dont :
- 20 ans pour racket
- 20 ans pour blanchiment d’argent
- 15 ans pour trois chefs de contrefaçon en bande organisée
L’immunité à laquelle a droit tout site d’hébergement est ici inopérante au motif que la société faisait connaître les contenus hébergés en soutenant activement les sites de liens.
La suite ?
Si les majors remportent ici une belle victoire, il serait trop rapide d’en conclure que la guerre contre le partage piratage trouvera une fin proche. Nous le savons tous, le réseau P2P a déjà subi bien des assauts par le passé et le piratage ne date pas d’hier. Alors quelle suite imaginer ?
D’autres Megaupload-likes verront le jour ? De nouvelles techniques se mettront en place ? Des services concurrents reprendront le flambeau ? Je ne sais pas pour vous, mais j’imagine que ces trois éventualités sont hautement probables. Quand à balancer des pronostics sur la gueguerre majors VS pirates, je ne m’affiche pas comme défenseur du piratage, mais je soutiens fortement le partage et pense sincèrement que les majors sont voués à disparaître s’il ne se décident pas à changer de business model pour proposer quelque chose qui soit plus attrayant pour le consommateur.
La grande question à se poser dans l’immédiat, c’est surtout, qu’advient-il des fichiers tout à fait légitimes et privés déposés par les utilisateurs de Megaupload ?
Sources :

