Critique Mr. Robot : « Our democracy has been hacked »

Mr. Robot est une série américaine diffusée sur USA Network cet été, de Sam Esmail et avec Rami Malek et Christian Slater, entre autres. Et il se trouve que Mr. Robot est surement l’un de mes coups de cœur séries de l’année, mais ce n’est pas l’unique raison qui me pousse à vous en parler aujourd’hui.

« F*ck society »

Bon, on va commencer par planter le décor, comme d’hab’. Dans Mr. Robot on suit la vie de Elliot Alderson, un mec qui bosse dans une société de sécurité informatique et qui souffre d’anxiété sociale. Cette pathologie a tendance à le rendre quelque peu paranoïaque et à handicaper ses contacts avec les autres êtres humains. Les seules personnes ayant un contact à peu près normal avec Elliot sont Angela, sa collègue et amie d’enfance et Krista, sa psy.

Mais Elliot est aussi, et avant tout, un excellent hacker. C’est d’ailleurs cette activité qui lui fournit la majorité de ses interactions avec le monde extérieur puisque Elliot a la fâcheuse tendance à hacker les gens qu’il rencontre pour plonger au plus profond de leur intimité et comprendre qui ils sont vraiment. Mais Elliot c’est un mec bien, alors il utilise cette compétence pour rétablir sa propre vision de la justice, un peu comme un Dexter 2.0.

Mais un jour Elliot va tomber sur Mr. Robot, un curieux personnage qui dit être le leader d’un groupe de hacker : la fsociety. Et il se trouve que la fsociety a besoin des talents d’Elliot pour hacker E. Corp (ou Evil Corp pour Elliot), le plus gros conglomérat d’entreprises et de banques au monde.

fsociety

« Where is my mind ? »

Voila pour le synopsis. J’ai entendu parler de Mr Robot cet été, après seulement la diffusion de quelques épisodes. Je n’en avait pas vraiment entendu parler avant mais l’article / la vidéo que j’ai lu / vu parlait d’un mélange de Fight Club et de Dexter avec un bon gros geek en personnage principal. Il ne m’en a pas fallu plus pour tenter un visionnage. Et j’ai été accroché dès les premières minutes du premier épisode.

Pour Mr. Robot, la comparaison avec Fight Club et Dexter est parfaite. Dans Mr. Robot on retrouve, comme dans Dexter, un antihéro avec de sérieux problèmes psychologiques mais qui utilise ses dons pour faire le bien à sa façon. On retrouve également, comme dans Fight Club, la même idée de faire tomber la plus grosse société / banque du monde pour libérer les gens de leurs créances. Et vous comprendrez bien vite en progressant dans la série que les ressemblances scénaristiques ne s’arrêtent pas là.

Mais les ressemblances entre ces trois œuvres ne se retrouvent pas seulement dans le fond, mais également dans la forme. Comme dans Fight Club et Dexter, Elliot sert de narrateur et s’adresse directement aux spectateurs en brisant même quelques fois le 4eme mur et en nous embarquant directement dans son histoire. On a également souvent le droit à des scènes issues de l’imagination d’Elliot, comme dans Fight Club.

En plus de s’inspirer de deux monuments de la télévision et du cinéma, Mr. Robot peut également se vanter d’avoir une esthétique irréprochable. L’ambiance qui règne sur la série correspond exactement au personnage d’Elliot : il y a beaucoup de flous, les couleurs sont très froides comme si un filtre gris avait été posé sur l’image et les musiques sont juste assez douces et mélancoliques pour accompagner tout ça.

Enfin, et c’est également un autre point fort de la série, les hackers dans Mr. Robot ressemblent à de vrais hackers ! On sent très clairement qu’il y a eu un gros travail de recherche à ce niveau pour rendre les hackers de la série crédibles, et c’est très réussi. Alors certes, on est abreuvé de jargon informatique un peu compliqué tout le long de la série mais ça change des séries / films où les mecs pondent 30 000 lignes de codes en appuyant sur trois touches de leur clavier.

Mr Robot

« I am Mr. Robot »

Mais la principale raison qui m’a poussé à vous parler de Mr. Robot aujourd’hui c’est que, et malgré le succès critique et ses audiences, aucune chaîne française n’a jugé opportun de diffuser la série car elle serait juger trop « subversive ». Le problème, et je comprends que ça fasse chier les cons de la télévision française, c’est que le fait que Mr. Robot soit une série subversive c’est justement la principale raison qui devrait pousser tout le monde a regarder cette série.

Mr. Robot est une violente et très juste critique de la société et du monde d’aujourd’hui. La paranoïa d’Elliot est un excellent moyen de faire réfléchir le spectateur en induisant un questionnement permanent sur de nombreux sujets qui nous concernent tous. Evil Corp représente toutes ces entreprises gargantuesques aux pleins pouvoirs qu’on peut trouver dans notre société actuelle (noooooooooon j’ai pas dit Alphabet !). La série traite très bien de très nombreux sujets comme la déshumanisation de la société, l’abandon, la violence ou la drogue.

Bref, tout ça pour dire que si ce n’est pas déjà fait, vous DEVEZ regarder Mr. Robot. Au pire vous aurez regardé une bonne série, au mieux la série vous permettra de voir d’un autre œil certains éléments de notre société.

Et pour changer, j’aimerai finir sur deux trucs ! Par la bande annonce dans un premier temps et puis par la reprise de Where is my mind ? de The Pixies par Maxence Cyrin, ultime hommage de la série à Fight Club, présente en fermeture d’un des derniers épisodes.

2 Comments

  1. Woot woot ! Deux articles en si peu de temps !
    Comme d’habitude j’ai regardé cette série grâce à toi, et mon avis : excellente série, tu t’attache rapidement aux personnages et l’histoire est vraiment bien ! Une série que je conseil fortement !

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